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Dans la manière dont j’aborde mes sujets photographique, ce qui prime d’abord, ce sont les personnes. Le contexte arrive ensuite. Sans les protagonistes, mes « personnages », il n’y a pas d’histoire.

Les êtres humains qui apparaissent dans mon travail, ne viennent pas illustrer mon propos.

Ils sont mon propos.

La migration ou la crise hospitalière ne sont pas mes sujets.

Ce sont les arènes qui me permettent de mettre en lumière des personnages qui doivent affronter des systèmes qui les dépassent. Ce qui m’intéresse, c’est la manière dont ils s’adaptent — ou non — à ces situations. Comment ils parviennent à préserver une forme de normalité et de dignité. C’est cette question qui motive mes choix à la prise de vue puis lors de l’editing.

Ce qui m’attire c’est le temps long et comment les humains s’y adaptent, comment ils y trouvent leur place. Les moments de flottement, les instants suspendus où quelque chose affleure sans jamais se révéler complètement.

Et je refuse de réduire les personnes à leur position dans la société.

Ne pas forcer l’émotion et laisser le spectateur faire sa part du travail. S’il le désire.

Ce chemin, qui serpente à l’ombre des grands événements, me permet d’aborder des moments de vie, apparemment insignifiant. Des gestes  indécis, une main crispée, des regards perdus ou déjà ailleurs en disent parfois plus qu’un long discours.

In my photographic practice, people come first. Context comes second. Without the protagonists — my « characters » — there is no story.

The people who appear in my work are not there to illustrate an idea.

They are the idea.

I refuse to reduce individuals to their place in society.

Migration or the healthcare system are not my subjects. are the settings through which I try to bring to light the lives of people confronted with forces beyond their control.

What interests me is how they adapt — or fail to adapt — to these situations. How they preserve a sense of normality and dignity despite the pressures placed upon them. This question guides my choices, both while photographing and later during the editing process.

I am drawn to duration, and to the ways people inhabit it. How they find their place within it. Moments of hesitation. Suspended moments in which something surfaces without ever fully revealing itself.

I do not seek to force emotion. I prefer to leave some room for the viewer to do part of the work, should they wish to.

This path, which winds in the shadow of major events, leads me toward moments that may appear insignificant. Hesitant gestures, a clenched hand, a distant gaze, or a look already turned elsewhere can sometimes say more than words ever could.

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