Rester debout / Still Standing

Vivre au quotidien, c’est déjà résister.
Everyday Life Is Resistance

Cisjordanie, Palestine occupée – 1995 > 2025- Westbank, Occupied Palestine

« Ne t’inquiète pas, la guerre se limite à la ligne verte. Ici, tout est presque normal. »

Dans les années 1980, la meilleure amie de ma mère vivait à Beyrouth. Inquiète des images diffusées chaque soir à la télévision, elle l’appelait régulièrement. La réponse était toujours la même : la guerre existait, mais ailleurs. Ici, la vie continuait.

Cette idée de « presque normalité » ne m’a jamais quitté.

Depuis mon premier voyage en Cisjordanie, en 1995, jusqu’au dernier, en décembre 2025, j’essaie de photographier cet espace fragile où le quotidien persiste malgré tout. Au fil des années, plutôt que de multiplier les rencontres, je suis revenu auprès des mêmes familles. Elles m’ont ouvert les portes de leur maison et, peu à peu, celles de leur intimité.

Les images de ce travail montrent des repas, des fêtes, des attentes, des conversations, des moments ordinaires. Pourtant, l’occupation est toujours là. Elle apparaît parfois en arrière-plan, parfois dans un détail, parfois seulement dans ce qu’elle empêche.

Ne pas montrer l’événement et la violence qu’il engendre mais bien ce qui lui résiste. La manière dont la vie continue malgré tout. Comment des êtres humains habitent le temps lorsque l’incertitude devient ordinaire.

Rester debout parle de cette obstination tranquille.

Vivre au quotidien, c’est déjà résister.

“Don’t worry, the war is confined to the Green Line. Here, everything is almost normal.”

In the 1980s, my mother’s best friend lived in Beirut. Worried by the images broadcast on television every evening, she called her regularly. The answer was always the same: the war existed, but elsewhere. Here, life went on.

This idea of “almost normality” has never left me.

From my first trip to the West Bank in 1995 to my last in December 2025, I have tried to photograph this fragile space where daily life persists despite everything. Over the years, rather than seeking out new people, I returned to the same families. They opened the doors of their homes to me and, little by little, the doors to their private lives.

The images in this work show meals, celebrations, waiting, conversations, ordinary moments. Yet the occupation is still there. It appears sometimes in the background, sometimes in a detail, and sometimes only through what it prevents.

Still Standing speaks of this quiet determination.

I am less interested in the event itself and the violence it generates than in what resists it: the way life goes on despite everything. How people inhabit time when uncertainty becomes ordinary.

Everyday life is resistance.

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